La Valse
7 avril 2020

La Valse

La valse est probablement la danse la plus populaire issue de la musique classique. Mais n’est-ce vraiment que le divertissement romantique inscrit dans l’imaginaire collectif dont nous parle Jacques Brel dans sa Valse à Mille Temps ? Ne recèle-t-elle pas d’autres aspects méconnus ? 

Une origine populaire 

La valse est une danse de couple bien connue pour ses trois temps. Elle a connu son apogée en 1780 et présente différentes formes : musette, viennoise ou encore américaine. De l’Allemand “Walzer” signifiant “tourner en rond”, elle s’inscrit d’abord dans la culture austro-hongroise avant de s’étendre au reste de l’Occident. Cette danse de salon trouve ses origines populaires dans son opposition aux danses de cour, très formelles. 

Toujours populaire, la valse s’inscrit encore dans la culture moderne. Ainsi, l’air de valse – peut-être le plus connu de tous – Le Beau Danube Bleu de Johann Strauss II, est repris par Stanley Kubrick dans son film 2001 l’Odyssée de l’espace. De même, les studios Walt Disney n’hésitent pas à reprendre la valse du La Belle au Bois dormant de Piotr Ilitch Tchaïkovski dans son dessin animé au titre éponyme

La valse ne se résume pourtant pas à son simple rôle de danse festive. Quels emplois ont été fait de cette danse par les compositeurs ? 

De la danse de salon à la virtuosité de concert

Dès les années 1940, les musiciens de jazz reprennent à leur compte le mouvement si particulier du rythme de la valse. Le célébrissime “Un Jour mon Prince Viendra” issu de la bande originale du film Blanche Neige des studios Walt Disney, s’est progressivement transformé en un des standards de jazz les plus connus. Interprété par les plus grands noms du jazz tels que Miles Davis, Bill Evans ou encore Oscar Peterson, on en oublierait presque son origine populaire face à la virtuosité de leurs improvisations. 

Cette vision de la valse virtuose existait déjà dès le XIXe siècle. Certains compositeurs habitués des salons bourgeois détournent la fonction purement dansante de la valse et s’en servent comme prétexte pour composer des pièces brillantes. C’est ainsi qu’en 1834, Frédéric Chopin publie sa Grande Valse Brillante. En 1911, Maurice Ravel fait de même avec ses Valses nobles et sentimentales. D’un simple air de danse à destination des divertissements populaires ou des salons bourgeois, la valse est devenu une sorte de genre à part entière, moule dans lequel les compositeur peuvent se livrer à tout type d’expérience esthétique et instrumentale.

C’est en se basant sur ce dernier principe que l’on peut écouter l’improvisation de notre pianiste Camille Taver, dans sa Valse du Confinement. 

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