ISLAS
Diana SyrsePlage de prix : 22,00 € à 30,00 €
Effectif : chœur mixte
Durée : 7 minutes
Nombre de pages : 30 pages
Format : B4 JIS – Portrait
Commanditaires : Commande de Universidad Autónoma de México (UNAM)
Dédicace : to the Staccato choir conducted by Marco Ugalde
Date de création : 2020
Lieu de création : Mexico
Date de publication : 25 janvier 20126
ISMN : ISMN 979-0-707-00109-7
Description
ISLAS
Diana Syrse (2020)
Composée au cœur de la pandémie de COVID-19, ISLAS est une œuvre pour chœur virtuel qui s’inscrit dans l’un des moments les plus singuliers de notre histoire récente : celui d’une humanité contrainte à l’isolement, mais cherchant simultanément de nouvelles formes de lien. Commandée par l’Universidad Autónoma de México (UNAM) et écrite pour le chœur universitaire Staccato, dirigé par Marco Ugalde, la pièce fut créée dans le cadre du festival numérique El Aleph.
Le projet est le fruit d’une collaboration artistique transcontinentale avec l’écrivain et metteur en scène allemand Martin Mutschler et le dramaturge letton Evarts Svilpe, tous deux associés à la compositrice dans l’élaboration du texte et du concept visuel. À travers cette œuvre conçue à distance, Diana Syrse affirme un geste profondément symbolique : faire dialoguer l’Europe et l’Amérique latine dans un moment où les frontières semblaient se refermer, et rappeler que malgré l’éparpillement, « nous formons un seul organisme ».
Écriture chorale du souffle et de l’absence
Dès les premières pages, ISLAS se distingue par un langage choral radicalement lié au silence et à la respiration. L’œuvre s’ouvre sur une texture quasi immobile : les voix ne chantent pas encore, elles murmurent. L’indication whispering installe immédiatement une atmosphère de fragilité, comme si le son lui-même devait renaître peu à peu.
Diana Syrse construit ainsi un chœur pensé moins comme un bloc harmonique traditionnel que comme un organisme sonore fait de souffles, de frémissements, de consonnes suspendues. Certaines sections prescrivent même un chant à mi-chemin entre parole et note, où la précision de la hauteur devient secondaire. Ce flou volontaire renforce l’idée d’un chant collectif fragile, où l’essentiel réside dans la matière vocale elle-même plus que dans la justesse classique.
Le texte comme paysage sonore
Le poème, écrit en espagnol, est au centre du dispositif. Il repose sur une métaphore puissante : celle des êtres humains devenus îles, séparées, appelées à redevenir continent.
« Cuando dejemos de ser islas… Renaceremos »
La musique épouse cette dramaturgie textuelle : les premières strophes apparaissent dans un halo de murmures, puis le mot Renaceremos (Nous renaîtrons) devient progressivement un pivot, un refrain incantatoire, porté par une densification de l’écriture. À ce moment, le chœur cesse d’être un souffle éclaté : il devient affirmation, pulsation, verticalité.
Percussion vocale et rythmes organiques
L’une des signatures de ISLAS réside dans l’usage de syllabes non lexicales et de motifs rythmiques répétitifs, qui parcourent toute la partition. Ces cellules fonctionnent comme une percussion interne du chœur, créant un battement collectif, presque corporel.
La frontière entre chant et bruit se brouille : la voix devient matière, souffle, peau, pulsation. Ce traitement confère à la pièce une énergie primitive, comme si la musique cherchait à retrouver un langage commun en amont des mots.
La polyphonie éclatée, pensée pour le virtuel
La partition est écrite pour un effectif particulièrement riche, allant jusqu’à douze parties vocales indépendantes. Cette multiplication des lignes est directement liée au médium du chœur virtuel : chaque chanteur enregistrant sa propre voix, la compositrice peut travailler une polyphonie d’une grande finesse, presque cinématographique.
L’écriture superpose des strates de murmures, des ostinatos rythmiques, des nappes vocaliques sur voyelles, et des éclats syllabiques libres. Le chœur devient un espace sonore ouvert, où chaque interprète participe à une mosaïque collective.
Œuvre de résilience
ISLAS est une pièce profondément ancrée dans son époque, mais elle en dépasse le témoignage. Elle ne décrit pas la pandémie : elle transforme l’expérience de la séparation en une poétique du renouveau.
Le chant final résume l’ambition de l’œuvre : retrouver la capacité de respirer ensemble, d’attendre, de traverser la nuit. Dans ce monde fragmenté, Diana Syrse propose une forme artistique nouvelle : un chœur dispersé, mais uni par l’écoute, le souffle partagé. Un continent vocal en train de se reformer.
Écouter ISLAS de Diana SYRSE
Informations complémentaires
| Poids | 1 kg |
|---|---|
| Dimensions | ND |
| Format | Digital (PDF), Papier |













